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Opération 11.11.11

La santé mentale ne doit pas être le parent pauvre de la santé publique

7 février 2022

« Une bonne santé mentale est absolument fondamentale pour la santé et le bien-être en général, a rappelé le directeur général de l’OMS. Elle est au cœur du travail de Louvain Coopération au Cambodge, un pays encore marqué par les traumatismes de la guerre et du régime des khmers rouges. Avec le soutien de l’Opération 11.11.11, l’ONG se focalise sur les maladies non-transmissibles, généralement moins couvertes dans les pays du Sud.

La période actuelle, marquée par une crise sanitaire sans précédent, pourrait laisser penser que la santé publique se limite à la prise en charge des virus. Il n’en est rien. Bien au contraire, il est essentiel de ne pas oublier toutes ses facettes, et notamment la santé mentale, qui risque de passer au second plan. C’est pour cette raison que le directeur de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, a remercié, début janvier, le chanteur belge Stromae, d’avoir si ouvertement évoqué ses problèmes de dépression.

« Une bonne santé mentale est absolument fondamentale pour la santé et le bien-être en général », a-t-il rappelé. « Le covid-19 Covid-19
Coronavirus
covid-19
coronavirus
a interrompu les services essentiels de santé mentale dans le monde au moment où ils sont le plus nécessaires. Les dirigeants mondiaux doivent agir rapidement et de manière décisive pour investir davantage dans les programmes de santé mentale qui sauvent des vies pendant la pandémie et au-delà
. »

La santé mentale est au cœur du travail de Louvain Coopération. Avec le soutien de l’Opération 11.11.11 Opération 11.11.11
récolte de fonds
, l’ONG se focalise sur les maladies non-transmissibles, généralement moins couvertes dans les pays du Sud, et en particulier au Cambodge.

  (Crédit : Source : Louvain Coopération )

Dans ce pays encore marqué par les traumatismes de la guerre et du régime des khmers rouges, Louvain Coopération renforce la prestation de services de santé mentale dans les hôpitaux de référence et les centres de santé.

Concrètement, Louvain Coopération, avec ses partenaires locaux [1], forme les soignants des centres de santé pour améliorer la prise en charge des patients et développe un réseau communautaire de soutien et de prise en charge de la santé mentale. Grâce à ce soutien, les médecins, les infirmières et les sage-femmes ont amélioré leurs connaissances et ont gagné en confiance pendant la fourniture de consultations, de conseils et d’éducation aux personnes souffrant de problèmes de santé mentale et à leurs familles. Les services de santé mentale sont désormais disponibles et environ 500 nouveaux patients en bénéficient chaque année.

« Je pensais que j’allais devenir folle à en mourir »

Le cas de Mme Van illustre les bénéfices d’un tel projet. Cette agricultrice, mère et grand-mère, souffre de schizophrénie depuis 2018. Avant de recevoir un traitement médical, elle rencontrait des difficultés dans la vie quotidienne. Elle communiquait difficilement, ne pouvait pas travailler, parlait toute seule et était en conflit avec ses voisins pour destruction de propriété. Dans le contexte d’une méconnaissance très forte des maladies mentales, elle a été enchaînée chez elle et a subi des violences domestiques.

Mme Van, agricultrice, mère et grand-mère, souffre de schizophrénie depuis 2018.  (Crédit : Source : Louvain Coopération )

Mme Van a commencé un traitement médical en février 2021. Une assistante sociale et une infirmière lui ont apporté un soutien psychologique ainsi qu’aux personnes qui s’occupent d’elle dans sa famille, notamment ses frères et sœurs et ses enfants. Des visites à domicile s’effectuent mensuellement.

Son état s’améliore, mais elle a beaucoup souffert. «  Je pensais que j’allais devenir folle à en mourir », raconte-t-elle. Aujourd’hui, elle a de meilleures relations avec ses enfants et ses frères et sœurs, elle dort et mange normalement, elle ne se dispute plus avec les voisins. Ses frères, ses sœurs et ses enfants ont déclaré qu’ils n’avaient jamais pensé qu’elle pourrait aller mieux, et ils ne savaient pas que les maladies mentales pouvaient être soignées. À l’avenir, Mme Van espère être capable de s’aider elle-même. Elle souhaite travailler avec d’autres personnes, commencer un commerce comme la vente de gâteaux dans le village, apprendre à cultiver du riz et des légumes.

La santé mentale ne doit pas être le parent pauvre des efforts de santé publique dans les pays du Sud. L’Opération 11.11.11 y contribue en soutenant des projets tels que ceux de Louvain Coopération au Cambodge et ailleurs.

Huot Kimchleng est Cambodgienne et vit au village de Doung. Il y a quelques années, elle a perdu la vue à cause du diabète et souffert d’une grave dépression. Mais elle a pu se faire traiter dans un centre de santé spécialisé en santé mentale.
  (Crédit : Source : Louvain Coopération )

« À cause de ma dépression, je ne pouvais pas travailler pour nourrir ma famille alors que mon mari est décédé. Mais j’ai reçu un traitement d’un assistant social formé grâce à Louvain Coopération, qui me rend aussi de nombreuses visites. Aujourd’hui, je me sens mieux et j’ai appris à vivre avec mon handicap. »

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[1Transcultural Psychosocial Organization (TPO), Center for Child and Adolescent Mental Health (CCAMH), Social Services Cambodia (SSC)