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La crise alimentaire et le dérèglement climatique, une double peine pour le Niger

21 avril 2022

L’actualité en Ukraine nous attriste. Outre les maisons détruites, les familles séparées et les vies brisées, c’est la sécurité alimentaire mondiale qui est menacée. Aujourd’hui, le grenier du monde qui pèse 30 % du blé mondial est dans l’incapacité de produire et d’exporter. Cela a pour conséquence un emballement des marchés en raison de l’augmentation du coût des matières premières alimentaires. À titre d’exemple, Ukraine et Russie pèsent 80% de la consommation du blé égyptien. En Egypte, le prix du pain a déjà doublé ! En outre, l’indice des prix alimentaires mondiaux a dépassé son niveau record de 2008 et 2011, qui avait débouché sur des émeutes de la faim dans 40 pays en développement.

L’insécurité alimentaire chronique liée au dérèglement climatique touche 25 % des Nigériens

Cette situation nous montre une fois de plus l’instabilité et les risques du système alimentaire mondial.

L’instabilité des marchés et le dérèglement climatique constituent une double peine pour les pays du Sud, qui trop souvent en paient le prix fort. Au Niger, l’insécurité alimentaire et nutritionnelle chronique touche 25 % de la population. L’économie du pays repose essentiellement sur l’agriculture et l’élevage, qui sont frappés par des conditions climatiques extrêmes. En outre, la moitié des Nigériens n’a pas accès à l’eau potable.

  (Crédit : © Caritas Belgium )

C’est pour ces raisons que des programmes tels que « Empowerment dans un Monde en Mouvement » voient le jour. L’Opération 11.11.11 Opération 11.11.11
récolte de fonds
le soutient. Porté par Caritas International Belgique, avec son partenaire local CADEV NIGER, le programme intervient dans 32 villages dans le but d’améliorer durablement la sécurité alimentaire et nutritionnelle. Il aide directement les populations à s’émanciper à travers la promotion de modèles alternatifs qui favorisent les circuits courts et respectent le cycle de la nature.

Chaque année, 2500 familles sont directement concernées et aidées par le programme « EMMo »

Concrètement, le programme vise à :

  • Renforcer les capacités des communautés à la base : construction et exploitation de banques céréalières ; structuration et organisation de producteurs en groupements et coopératives ; mise en place de Comités de Gestion ; mise en place de centres d’alphabétisation.
  • Appuyer la production agricole pluviale : mise en place de Champs Ecoles Paysans (formation par les pairs avec pour objectif de transférer des technologies simples pour accroitre les rendements des cultures) ; mise à disposition d’Unités de Cultures attelées (ensemble composé d’une charrette, d’une houe (labour) et d’un âne pour la traction) ; mise à disposition de semences améliorées.
  • Appuyer la production maraîchère : réalisation de puits maraîchers et de forages ; mise à disposition de kits d’équipements d’irrigation et kits de semences maraîchères ; aménagement et exploitation de sites maraîchers.
  • Appuyer la diversification et l’augmentation des revenus des ménages : mise en place de plateformes multifonctionnelles ; fabrication d’huile d’arachide et des tourteaux ; appui au habbanaye (chaîne de solidarité qui consiste à prêter des animaux. La famille qui reçoit les animaux en prêt en assume la responsabilité jusqu’au sevrage d’une nouvelle génération. Les animaux prêtés sont ensuite rendus au propriétaire ; la famille bénéficiaire conserve la descendance).
  • Promouvoir la prévention communautaire de la malnutrition : éducation nutritionnelle et démonstrations culinaires ; référencement des enfants mal nourris ; sensibilisation à l’hygiène et aux pratiques familiales essentielles.
  • Favoriser l’accès à l’eau potable : réalisation de postes d’eau autonomes ; mise en place et formation des comités de gestion et réparation des points d’eau.
  (Crédit : Caritas Belgium )

In fine, ce sont plus de 2500 familles qui sont directement concernées et aidées, comme Mamane le chef du village de Koudou Salé qui nous livre son témoignage :

« Aujourd’hui, nous ne manquons de rien dans le village, le programme EMMo nous a vraiment aidé à trouver des solutions à nos problèmes. Mieux, presque tous les ménages arrivent à s’en sortir ».

Si nous voulons atteindre pour 2030 le deuxième objectif de développement durable visé par les Nations Unies pour éradiquer la faim dans le monde, empêcher que les guerres et autres événements externes aient des conséquences sur la sécurité alimentaire mondiale, il est indispensable de renforcer le rôle des organisations paysannes, de soutenir l’agriculture familiale et de promouvoir l’agro-écologie, qui fait appel aux savoirs locaux pour garantir une meilleure utilisation des sols et réduire la dépendance envers les engrais chimiques et les énergies fossiles.

En faisant un don à l’Opération 11.11.11, vous appuyez cette dynamique, et de nombreux projets similaires dans les pays du Sud. Vous nous permettez d’anticiper les conséquences désastreuses de la guerre sur la faim dans le monde !

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