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Climat : sans solidarité internationale, pas de succès possible à la COP26

Rebecca Thissen Rebecca Thissen 31 mars 2021

Ce mercredi 31 mars a lieu un sommet virtuel de haut niveau dédié aux questions de climat et développement. Cet événement ministériel, organisé par la Présidence britannique de la COP26, vise à mettre au cœur des débats les défis des pays les plus vulnérables face aux changements climatiques. A l’aune de la crise sanitaire mondiale et de l’urgence climatique, il est crucial que les pays développés s’engagent concrètement pour la solidarité internationale, pierre angulaire de l’Accord de Paris. La Belgique ne doit pas faire exception.

En 2015, l’Accord de Paris Accord de Paris a été adopté par l’ensemble des pays du monde. Au-delà de l’objectif collectif de maintien de la température globale sous le seuil de 1,5°C, cet accord universel se fonde également sur des principes de justice et d’équité. Un des mécanismes clé pour assurer cette solidarité est le mécanisme du financement climat financement climat international.

Les pays riches se sont engagés à contribuer collectivement à hauteur de 100 milliards de dollars par an pour permettre aux pays en développement de mettre en œuvre un développement bas carbone et de s’adapter aux conséquences de la crise climatique. Le problème est que cet engagement, alors qu’il est un des clés de la mise en œuvre de l’Accord de Paris, est loin d’être respecté du côté des donateurs : les contributions sont insuffisantes, l’argent est trop souvent recyclé, prêté ou exagérément rapporté . On ne peut espérer une réelle confiance entre Parties avec de telles pratiques.

Le sommet « Climate & Development » de la Présidence britannique vise à mettre cette problématique au centre des discussions et trouver des solutions concrètes pour assurer que la solidarité et la justice fassent partie intégrante de négociations climatiques internationales, en vue de la COP 26 . Des représentants des pays en développement occuperont le devant de la scène, rejoints par une série de pays donateurs importants tels que l’Allemagne ou le Canada et une série d’institutions internationales. La Belgique n’a pas été conviée.

Cependant, le fait de ne pas être conviée à cet événement de haut niveau ne justifie pas l’inaction de la Belgique sur ce dossier brûlant. Depuis le 31 décembre 2020, notre pays n’a plus d’engagements pour le financement climat international. Ce n’est pas acceptable venant d’un pays aussi riche et émetteur que la Belgique. Une nouvelle contribution doit être adoptée rapidement, au plus tard pour la COP26. Par ailleurs, l’engagement actuel de la Belgique reste largement insuffisant au regard des enjeux et devrait être revu à la hausse : des 50 millions annuels prévus depuis 2015, la Belgique devrait rehausser sa contribution à hauteur de 500 millions d’euros par an pour atteindre une contribution juste et équitable. Rappelons que cette contribution doit être croissante et ne peut peser sur le budget de l’aide au développement coopération au développement
aide publique au développement
aide au développement
, lui en même en déclin depuis une décennie. Le financement climat international est une question de justice, essentielle pour assurer le succès des négociations climatiques et de la COP26. La Belgique ne fait pas exception et doit prendre ses responsabilités vis-à-vis des pays les plus vulnérables.