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Opération 11.11.11

RDC : une meilleure gestion des équipements médicaux pour faire face au coronavirus

3 mai 2021

Les pays du Sud ont un accès restreint aux vaccins, mais aussi au matériel médical. En République démocratique du Congo (RDC), ULB-Coopération travaille à améliorer le système de santé et la gestion des équipements pour que les hôpitaux puissent disposer de meilleurs outils pour soigner la population, notamment face au coronavirus.

La crise sanitaire nous affecte maintenant depuis plus d’un an. Nous observons avec impatience les progrès de la campagne de vaccination et nous espérons bientôt reprendre une vie normale. Cette impatience ne devrait pas nous faire oublier que les pays en développement sont eux aussi frappés par cette crise sans précédent, qui s’ajoute à d’autres épidémies. Or les inégalités sont très fortes dans le domaine des soins de santé.

C’est évident en matière d’accès aux vaccins contre la Covid-19 Covid-19
Coronavirus
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 : les trois quarts des doses ont été monopolisées par les pays riches et l’initiative Covax, censée permettre de vacciner 20% de la population des pays en développement, ne dispose que de 41 millions de doses sur les 2 milliards espérées en 2021.
Les pays pauvres ont aussi un accès restreint au matériel médical, y compris les respirateurs et autres équipements nécessaires pour faire face à la Covid-19, mais aussi aux autres épidémies.

C’est notamment le cas en République démocratique du Congo, déjà aux prises avec plusieurs épidémies dont Ebola, où les capacités hospitalières sont gravement déficitaires. Les équiper d’un matériel de qualité et pérenne est l’objectif d’un projet porté par ULB-Coopération au Nord-Kivu (Est du Congo), avec le soutien de l’Opération 11.11.11 Opération 11.11.11 .

  (Crédit : © ULB Coopération )

À travers son action globale dans la région, ULB-Coopération travaille à renforcer structurellement le système de soins, à former le personnel, à élaborer une assurance maladie universelle et à construire ou réhabiliter des centres de santé et des hôpitaux. Ce dernier besoin est largement reconnu et régulièrement médiatisé.

Une meilleure gestion au bénéfice des patients

Pour que ces infrastructures soient fonctionnelles, elles doivent être correctement équipées et cet équipement doit en outre être entretenu régulièrement. Bien que l’OMS préconise une bonne gestion du cycle de vie des équipements médicaux, c’est un élément parfois oublié, qui entraîne des conséquences très néfastes.

C’est précisément sur ce renforcement des compétences des techniciens biomédicaux que se centre le projet Jenga Maarifa II (« Construire des connaissances » en swahili). Il vise à former le personnel pour assurer une bonne maintenance et pour effectuer les réparations nécessaires. Mettre en place une gestion rationnelle des équipements médicaux assure à ceux-ci une meilleure durée de vie. Ici aussi, le dicton « mieux vaut prévenir que guérir » se confirme : il est financièrement bien plus durable d’assurer une maintenance préventive des appareils que d’agir uniquement en cas de panne.

ULB-Coopération, en collaboration avec Humatem et Médecins Sans Vacances, appuie le Centre de Formation du Nord-Kivu pour améliorer la prise en charge des patients atteints du coronavirus, grâce à des équipements médicaux fonctionnels, dont l’utilisation est mieux maîtrisée.

Le projet vise aussi à sensibiliser les décideurs de santé de la RDC, et plus particulièrement les autorités sanitaires et les directeurs d’établissements hospitaliers, à l’importance de la gestion des technologies médicales.

En mars dernier, un colloque avec tous les acteurs impliqués a ainsi permis de déterminer une stratégie provinciale adaptée pour une gestion des équipements. La problématique du don d’équipements a été abordée. En effet, lorsque des dons d’équipements sont effectués alors qu’ils ne répondent pas à des besoins locaux, ou que ces dons sont des appareils défectueux, ou trop complexes à installer, le processus est totalement contre-productif ! Les équipements deviennent alors des poids financiers pour les hôpitaux déjà très faibles et encombrent couloirs ou espaces extérieurs. À quoi bon envoyer, par exemple, de coûteux respirateurs et appareils à dialyse si les pièces de rechange sont indisponibles sur place ou hors de prix ?

  (Crédit : © ULB Coopération )

Le colloque a aussi ouvert la voie à une filière de formation de base de techniciens biomédicaux au sein de la province. Universités et écoles techniques ont prévu de lancer la réflexion.

Le système belge des soins de santé, aussi surchargé soit-il, reste une fierté pour notre pays. Les personnes qui nécessitent une hospitalisation savent qu’elles peuvent s’y fier. Les pays en développement ne disposent pas des mêmes capacités, mais ils souhaitent eux aussi se doter de systèmes de santé efficaces. C’est tout le sens du travail d’ONG telles qu’ULB-Coopération.

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