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Communiqué de presse

Malgré les dons de vaccins, l’aide belge au développement reste totalement insuffisante

Publication par l’OCDE des chiffres de l’aide au développement en 2021

12 avril 2022

L’OCDE publie aujourd’hui les chiffres de l’aide au développement pour l’année 2021. L’aide internationale augmente de 4,4%, suite en grande partie à la comptabilisation en aide au développement des dons de vaccins anti-Covid. De son côté, l’aide belge diminue en pourcentage de nos richesses, passant de 0,48% à 0,46% du revenu national brut. Le gouvernement belge doit adopter au plus vite une trajectoire pluriannuelle de croissance de l’aide au développement pour respecter ses engagements et être en mesure de répondre aux conséquences de la pandémie et de la guerre en Ukraine.

Au niveau international, l’aide au développement coopération au développement
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a augmenté de 4,4%, atteignant un niveau record de 179 milliards USD. Comme en 2020, cela ne représente que 0,33% du RNB des pays donateurs, soit moins de la moitié de l’objectif international de 0,7%. Un montant insuffisant pour soutenir les pays en développement à faire face aux crises multiformes qui se multiplient au niveau mondial.

De son côté, l’aide au développement de la Belgique a augmenté de 2,3% en valeur nominale pour atteindre les 2,6 milliards USD. Néanmoins, elle a diminué en valeur relative de 0,48% à 0,46% du revenu national brut. La Belgique s’est donc éloignée de l’objectif international situé à 0,7%, pourtant respecté ou même dépassé par d’autres donateurs (Danemark, Allemagne, Luxembourg, Norvège, Suède). Elle est restée sous la moyenne européenne, qui s’élève à 0,49% du RNB, et est entourée de pays voisins qui sont tous, sans exception, plus généreux qu’elle.

Le volume de l’aide au développement est d’autant plus insuffisant que les pays donateurs de l’OCDE continuent de comptabiliser en aide des financements qui n’en sont pas. Une nouveauté de cette année : après s’être accaparé la majorité des vaccins anti-Covid, les pays donateurs ont décidé de comptabiliser en aide au développement les dons de leurs surplus de vaccins aux pays en développement. Non contents d’avoir contribué à l’inégalité vaccinale en monopolisant la majorité des vaccins disponibles, ils peuvent gonfler ainsi leur aide au développement en valorisant les dons de vaccins à 6,72 USD la dose – alors que les surplus ont parfois été livrés avec des dates d’expiration trop proches et un manque d’équipement pour les administrer.

Plusieurs pays donateurs, comme les Etats-Unis, les Pays-Bas et le Luxembourg ont toutefois refusé de comptabiliser ces dons de surplus de vaccins en aide au développement. La Belgique a quant à elle comptabilisé les doses données à un prix plus bas que celui auquel elles avaient été achetées, suivant le prix convenu entre Gavi et le fabricant des vaccins concernés.

En outre, la Belgique a, comme les autres pays donateurs de l’OCDE, comptabilisé les frais d’accueil de demandeurs d’asile comme de l’aide au développement. Aussi nécessaires soient-ils, ces frais sont dépensés sur notre propre territoire et ne devraient donc pas être comptabilisés comme des financements octroyés aux pays en développement. Or en 2021, ces frais ont presque doublé en Belgique pour représenter près de 10% de l’aide belge : ils viennent ainsi artificiellement gonfler une aide déjà insuffisante. Selon l’OCDE, si les frais d’accueil de demandeurs d’asile n’avaient pas été comptabilisés comme de l’aide belge, la valeur nominale de celle-ci aurait diminué de 2,1% en 2021.

Selon Arnaud Zacharie Arnaud Zacharie , Secrétaire Général du CNCD-11.11.11, « Après les conséquences économiques et sociales de la pandémie de Covid-19 Covid-19
Coronavirus
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, les pays en développement sont victimes des graves conséquences de la guerre en Ukraine dans un monde qui devient de plus en plus instable et inégalitaire. Inverser cette tendance implique notamment de mobiliser des montants suffisants d’aide au développement. Dans ce but, la Belgique doit adopter au plus vite une trajectoire de croissance de l’aide belge pour qu’elle atteigne 0,7% du RNB en 2030 au plus tard
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