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Le Pacte des Nations Unies pour les migrations exige la réalisation de l’ensemble de ses objectifs pour servir les ODD.

Communiqué de presse

20 mai 2022

Ce jeudi 19 mai, le secrétaire d’Etat à l’Asile et la Migration, Sammy Mahdi, s’est exprimé aux Nations Unies afin d’y exposer les priorités du plan d’action belge de mise en œuvre des objectifs du Pacte mondial sur les migrations (ou Global Compact on Migrations - GCM). Au menu belge : multilatéralisme, renforcement de la coopération avec les pays-tiers en matière de retour et projets de migration et d’intégration liés à l’emploi.

Du 17 au 20 mai se tient la première revue quadriennale internationale du Pacte mondial sur les migrations des Nations Unies (IMRF2022). Celle-ci s’achèvera ce vendredi par l’adoption par l’Assemblée générale d’une Déclaration de Progrès. Auparavant, pendant trois jours, une centaine d’Etats auront pris la parole à New York, en vue d’exposer les moyens déployés depuis quatre ans pour la mise en œuvre du Pacte. C’était le cas, ce jeudi, de la Belgique.

« J’ai fait un rêve… ». C’est par ses mots que débute le discours de Sammy Mahdi évoquant l’histoire d’exil de son père venu d’Irak en Belgique en quête de protection. « Les rêves des exilés peuvent se transformer en cauchemars » poursuit-il, dont « les hommes politiques sont aussi responsables ». Il ajoute que « les migrations sont des émotions, c’est à nous (responsables politiques) de les gérer de façon positive, respectueuse et solidaire », spécifiant que la protection doit être accordée à ceux qui en ont besoin, que des voies régulières doivent être envisagées pour raisons économiques et que le retour aux pays doit être possible pour les déboutés du droit d’asile.

Présent à New York, le CNCD-11.11.11 accueille favorablement la réaffirmation de l’engagement concret de la Belgique aux objectifs du Pacte mondial ainsi qu’au multilatéralisme. Cependant, à la lecture du plan d’action belge, il est à déplorer que sur les vingt-trois objectifs interdépendants du Pacte, seuls six soient cités (1, 6, 9, 10, 21 et 23) et semblent donc avoir mobilisés la Belgique depuis l’adoption du Pacte en 2018. Les organisations de la société civile aurait aimé que la Belgique conserve l’approche globale et cohérente des migrations promue par le Pacte onusien.

« Le Pacte mondial est un tout, visant à rééquilibrer la gestion internationale des migrations. La Belgique, ni aucun autre Etat, ne peut pas se permettre d’en choisir les parties qui l’arrangent », déplore le CNCD-11.11.11.

De plus, au regard de la majorité des objectifs repris dans le plan d’action belge, il apparaît que la Belgique réaffirme son intention de suivre l’orientation restrictive du Pacte européen sur la migration et l’asile Pacte européen sur la migration et l’asile , plutôt que celui de l’esprit positif et ouvert du Pacte des Nations Unies centré sur l’atteinte des objectifs de développement durable (ODD).

Vu le côté non contraignant du Pacte, un suivi rapproché des engagements des Etats par la société civile constitue un des seuls moyens d’assurer une mise en œuvre renforcée des objectifs du Pacte. Le contenu global du plan d’action est à ce titre capital, tout comme sa cohérence avec d’autres engagements internationaux pris par les Etats.