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Climat

GIEC : La réalité des victimes climatiques sous les projecteurs

Communiqué de presse

28 février 2022

28 février. Le deuxième chapitre du rapport d’évaluation du GIEC est paru ce lundi et les conclusions sont limpides. D’une part, il est (bien) plus urgent que prévu de renforcer les mesures pour s’adapter à l’urgence climatique. D’autre part, chaque dixième de degré de réchauffement supplémentaire rendra la tâche plus difficile. Enfin, la solidarité et l’équité sont indispensables pour lutter efficacement contre le dérèglement climatique.

A déjà 1,2°C de réchauffement planétaire, il est clair qu’aucune région du monde n’est suffisamment préparée pour faire face aux effets du dérèglement climatique. Les scientifiques rappellent avec fermeté que les capacités d’adaptation aux changements climatiques seront de plus en plus limitées si les émissions de gaz à effet de serre ne diminuent pas rapidement, de manière à éviter de dépasser le plafond de 1,5°C.

Le financement climat financement climat comme pierre angulaire

Sans justice climatique Justice climatique , il n’est pas envisageable d’atteindre les objectifs de l’Accord de Paris Accord de Paris . Les pays les plus riches, responsables historiques, doivent respecter leurs engagements en matière de financement climat international, à commencer par celui d’allouer 50% des financements à l’adaptation. « Il est illusoire de penser que nous pouvons rester sous la barre vitale de 1,5°C si tout le monde ne s’y met pas sérieusement, explique Rebecca Thissen, chargée de recherche en justice climatique au CNCD-11.11.11. Respecter ses engagements en matière de solidarité internationale est tout aussi important que la réduction drastique de nos émissions de gaz à effet de serre. L’un ne va pas sans l’autre. L’Accord de Paris est en effet basé sur un équilibre essentiel : il s’applique à tous les Etats, y compris les plus pauvres, mais à la condition que les pays les plus riches prennent leurs responsabilités en matière financière. » Pour rappel, la Belgique n’a toujours pas annoncé de nouvelle contribution nationale au mécanisme de financement climat, la dernière ayant expiré en 2020. Il est donc urgent que notre pays adopte un nouvel engagement national, de minimum 500 millions d’euros annuels, additionnels à l’aide publique au développement coopération au développement
aide publique au développement
aide au développement
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Les pertes et préjudices Pertes et préjudices sous les projecteurs

Au-delà d’honorer leurs engagements antérieurs en matière de financement climat, il est essentiel que les gouvernements s’accordent rapidement sur un nouveau mécanisme de financement spécifique et additionnel pour les pertes et préjudices, afin de faire face aux dommages irréversibles du réchauffement et de fournir une réelle assistance aux victimes. Cette demande, portée par l’ensemble des pays en développement et par la société civile internationale, doit être traduite à la COP27. « Alors qu’elles sont les moins responsables de la crise climatique, ce sont les personnes les plus pauvres, en particulier celles des pays du Sud, qui sont les moins bien équipées pour faire face à l’augmentation des impacts, de nombreuses communautés atteignant désormais les limites de l’adaptation », déclare Rebecca Thissen.

L’inaction climatique ne peut plus se justifier

Malgré les grands discours et les déclarations politiques, les émissions belges ne sont toujours pas sur une trajectoire de réduction drastique et rapide. « Les impacts observés, les risques projetés, les niveaux de vulnérabilités et les limites de l’adaptation rappellent combien l’inaction a un prix, à commencer par d’innombrables vies humaines », dit encore Rebecca Thissen. La Belgique ne peut plus se cacher derrière sa complexité institutionnelle et doit rapidement adopter une vision claire et intégrée de comment elle décarbone son économie d’ici à 2050, notamment via un plan national énergie climat ambitieux.