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Fuir l’Amérique centrale

1er mars 2022
Fuir l'Amérique centrale

En Amérique centrale, la migration est consubstantielle à la vie de millions de personnes. Entre 10 et 25% des populations nationales ne vivent plus chez elles. Et 500 000 émigrant·es supplémentaires – dont de plus en plus de femmes et d’enfants – tenteraient leur chance chaque année. Pour, à l’arrivée, aider financièrement leur famille restée au pays, à hauteur d’un huitième à un quart du PIB de leur contrée d’origine.

Le phénomène, en croissance depuis les conflits politico-militaires qui ont déchiré l’isthme et les « ajustements » néolibéraux qui ont suivi, indique d’abord le bilan d’un modèle de développement inique. Guatemala, Honduras, Nicaragua, Salvador…, autant d’États de non-droit où la concentration des pouvoirs le dispute à la corruption et à l’impunité. Autant d’économies dont l’exportation dérégulée de matières premières et la sous-traitance en zones franches restent la colonne vertébrale.

L’insécurité alimentaire, la précarité sociale et la vulnérabilité climatique qui en résultent forgent l’envie de fuir. La violence illimitée des gangs – l’ONU taxe l’Amérique centrale de « région la plus dangereuse au monde » – la précipite. Tandis que, sur les routes de l’exil, les écueils se multiplient au gré des politiques migratoires des pays à franchir ou à atteindre. Les États-Unis accueillent au compte-goutte, expulsent ou refoulent à tour de bras. Et externalisent leur frontière en contraignant le Mexique et l’Amérique centrale à fermer les leurs. À rebours des droits des migrant·es et sans égard pour l’indispensable démocratisation des sociétés centro-américaines.

TITRE Fuir l’Amérique centrale
LA COLLECTION Alternatives Sud
VOLUME XXIX - 2022, n°1
DATE 02/2022
COORD. / AUTEUR Bernard Duterme
EDITION Syllepse
FORMAT 135 x 215
PAGES 180
ISBN 979-10-399-0022-5
Commande sur le site du CETRI