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Opération 11.11.11

Burundi : un micro-crédit qui change la vie des petits éleveurs

Des centaines de petits agriculteurs ont pu acquérir du bétail

2 février 2021

Au Burundi, un projet de micro-crédit, porté par l’organisation Vétérinaires sans frontières (VSF) avec ses partenaires locaux, permet d’améliorer nettement les revenus des familles d’éleveurs pauvres.

Le Burundi est le deuxième pays le plus densément peuplé d’Afrique. Deux tiers de la population y vit sous le seuil de pauvreté, majoritairement en milieu rural, ce qui classe le pays parmi les cinq plus pauvres au monde.

L’agriculture et l’élevage sont le principal moyen d’existence pour 90 % des Burundais.

L’agriculture et l’élevage sont le principal moyen d’existence pour 90 % des Burundais. Le développement de l’élevage est un levier d’action important pour améliorer la sécurité alimentaire et économique de la population. Il permet d’augmenter la production agricole grâce au fumier et constitue une source importante de revenus.

Cependant, les éleveurs disposent de peu de capital pour investir dans leur activité et ont rarement accès au crédit. L’élevage étant considéré comme un investissement trop risqué, les banques locales sont peu enclines à financer ce type d’activité. Les éleveurs ont eux-mêmes rarement recours au crédit par crainte des conséquences des impayés. Le développement de leurs activités s’en trouve fortement limité.

Au Burundi, un des pays les plus pauvres du monde, les petits éleveurs peinent à accéder au crédit

C’est pourquoi Vétérinaires Sans Frontières (VSF), avec son partenaire local UCODE-AMR (Union pour la Coopération au Développement coopération au développement
aide publique au développement
aide au développement
-Appui au Monde Rural), soutient le développement du petit élevage depuis plusieurs années.

En particulier, VSF aide les groupements de petits exploitants à accéder au crédit, dans la région de Ngozi (Nord). L’objectif est de leur permettre de se lancer dans différentes activités génératrices de revenus autour de l’élevage : élevage de bovins, chèvres, porcs, aviculture, apiculture, embouche, vente d’intrants d’élevage, etc.

  (Crédit : © Amani Papy, pour VSF )

Pour mener à bien ce projet, il a d’abord fallu sensibiliser les agro-éleveurs. Habitués aux refus des banques et à des taux d’intérêts importants, ceux-ci sont en effet assez réticents à l’idée de demander des crédits. Ils sont aussi inquiets des conséquences des impayés, en particulier la saisie de leurs terres. En travaillant avec des groupements d’agro-éleveurs déjà existants, le risque de non-remboursement a été minimisé. Au sein de ces associations, en effet, les membres intéressés par un crédit sont rassemblés en groupes de caution solidaire. La collectivité se porte garante du bon remboursement du crédit octroyé.

La méthode porte ses fruits, puisque sur 35.000 euros en crédit octroyés, 99,95% ont été remboursés. Surtout, des centaines de petits agriculteurs ont pu acquérir une ou plusieurs têtes de bétail, ce qui a eu des répercussions importantes dans la vie des familles concernées.

Les bénéficiaires, comme Richard, ont pu acheter une tête de bétail. En moyenne, leurs revenus ont augmenté de 35%

Richard Nahayo est un ancien militaire à la retraite depuis 2007, a par exemple pu s’acheter une nouvelle vache, après que la sienne ait été volée en 2017. Cette vache a déjà mis bas deux fois et il a déjà donné un veau en « confiage », un système informel d’entraide. « Les vaches que j’élève aujourd’hui me donnent du lait pour mes enfants et ma petite-fille. Elles m’offrent aussi beaucoup de fumier pour fertiliser mes champs pour une bonne saison de culture », explique-t-il. Avec ce crédit, il s’est aussi acheté un terrain où il cultive aujourd’hui les haricots qui lui donnent 500kg pour une bonne saison culturale grâce au fumier que lui offre son bétail. Richard a terminé de rembourser son crédit et dans ses projets, il compte contracter un autre crédit plus important pour acheter un moulin et développer ses activités.

  (Crédit : © Amani Papy, pour VSF )

Cet exemple montre comment le petit crédit peut changer la vie des personnes et de familles entières, dans l’un des pays les plus pauvres du monde. En moyenne, les revenus des bénéficiaires ont progressé de 35%.

Vétérinaires Sans Frontières, avec l’aide de l’Opération 11.11.11 Opération 11.11.11 , aide ainsi les éleveurs dans neuf pays africains à se construire un avenir meilleur, à travers le crédit, mais aussi en œuvrant à la santé animale, à la gestion de l’eau et du fourrage et aux formations.

En Afrique, le constat selon lequel les agriculteurs sont ceux qui souffrent de la faim est toujours cruellement d’actualité.

Ce travail rejoint celui des nombreuses autres organisations membres organisations membres du CNCD-11.11.11 qui apportent une aide, à travers des partenaires locaux, aux petits agriculteurs. Cette aide reste malheureusement nécessaire, car en Afrique, le constat selon lequel les agriculteurs sont ceux qui souffrent de la faim est toujours cruellement d’actualité.

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