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Opération 11.11.11

Avec les paysannes congolaises, pour des conditions de vie digne

11 mars 2021

Espérance Nzuzi porte bien son prénom. Dans la province du Congo central (RDC), où les familles paysannes peinent à vivre de leurs récoltes, elle œuvre chaque jour pour permettre à des milliers de femmes et de familles de retrouver espoir et confiance dans l’avenir. A l’occasion du 8 mars, journée internationale des droits des femmes, ce travail en faveur des femmes congolaises mérite d’être applaudi – et soutenu.

Espérance a grandi au village et n’a pas eu l’occasion d’étudier. Fille mère et confrontée à la dure réalité des petits paysans, elle a vite recherché comment améliorer les conditions de vie des familles grâce à une agriculture familiale plus efficace. Cela supposait aussi pour elle de soustraire la femme paysanne au joug traditionnel et d’en faire le pivot du développement agricole et rural. C’est pour cette raison qu’elle a fondé l’APROFEL, une association dont elle est aujourd’hui la présidente.

Espérance Nzuzi fait de la femme le pivot du développement rural  (Crédit : © SOS Faim )

L’APROFEL œuvre depuis des années à renforcer l’agriculture familiale, avec une attention spécifique au rôle des femmes. Elle bénéficie du soutien de l’Opération 11.11.11 Opération 11.11.11 , à travers l’ONG SOS Faim. Son rôle ? Aider les femmes rurales à se constituer en réseau pour assurer la défense de leurs intérêts, mais aussi œuvrer à la professionnalisation des pratiques agricoles, depuis la semence jusqu’à la commercialisation.

Depuis 18 ans, l’APROFEL travaille à la multiplication des semences, particulièrement sur les filières du manioc, du maïs, du niébé, du soja, du riz, du palmier à huile, de la banane ou encore du café. Ce travail permet aux familles d’agriculteurs de diversifier leurs revenus et d’améliorer les rendements. Actuellement, l’APROFEL conduit une étude, avec le soutien de SOS Faim, afin de cartographier toute la filière semencière et ainsi pouvoir apporter de meilleures solutions aux nombreuses familles de petits agriculteurs qui vivent de ces productions. L’APROFEL les aide à trouver des débouchés, en les structurant sous forme de coopératives.

Son travail ne s’arrête pas là : vulgarisation agricole, approvisionnement en intrants, stockage, transformation et commercialisation des produits agricoles, formation au leadership, en particulier chez les femmes... L’APROFEL est active sur tous les fronts. Elle améliore les conditions de vie d’environ 2 000 familles.

Le travail de telles organisations est essentiel dans de nombreux pays du Sud, où les inégalités entre les hommes et les femmes restent criantes, et pourraient s’aggraver.

L'APROFEL améliore les conditions de vie de milliers de familles  (Crédit : © SOS Faim )

Le Secrétaire général des Nations Unies a averti que la pandémie de COVID-19 Covid-19
Coronavirus
covid-19
coronavirus
et ses conséquences risquent d’anéantir les progrès enregistrés ces dernières années en matière d’égalité des sexes égalité des sexes
égalité de genre
et des droits des femmes et des filles. Cette pandémie creuse des inégalités déjà existantes pour les femmes et les filles dans tous les domaines : de l’accroissement de la charge des soins non rémunérés à l’augmentation des violences à leur encontre, par- ticulièrement des violences domestiques, en passant par la dureté des conséquences économiques, puisque près de 60% des femmes dans le monde travaillent dans l’économie informelle avec, en comparaison aux hommes, des salaires moins élevés, une moindre capacité d’épargne et donc davantage de risques pour elles de tomber dans la pauvreté.

Espérance Nzuzi se bat chaque jour pour que les femmes et les familles de sa région puissent vivre décemment. Aujourd’hui, elle est reconnue comme une personnalité qui compte. Elle-même a été nommée par le gouvernement congolais pour participer à un groupe de réflexion sur la filière agroindustrielle de sa région. Tant son parcours personnel que le travail de son association méritent notre soutien.

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